
J'avais la recette.
Ça fait juste longtemps que je la gardais pour moi.
Je m'appelle Frederique. Tout le monde m'appelle Fred depuis que j'ai arrêté de me battre contre ça, ce qui remonte à peu près au secondaire. Je fais de l'entretien ménager à mon compte, j'ai deux chiens qui ne sentent pas toujours la rose quand il mouille, et j'ai une recette que je me suis gardée pour moi pendant une douzaine d'années avant de me décider à faire quelque chose avec.
D'où je viens
Je suis de Laval. C'est là que j'ai grandi, là que j'ai eu mon premier chien à neuf ans. Un bâtard poilu qu'on avait appelé Capitaine, qui dormait sur le bout de mon lit jusqu'à ce que je parte au cégep. La literie avait une odeur. Pas une mauvaise odeur, juste une odeur de chien. À l'époque je ne trouvais pas ça problématique. J'aurais pas pu deviner que ça allait devenir une obsession vingt ans plus tard.
Comment j'en suis venue là
J'ai fait mon DEC en techniques de santé animale, j'ai travaillé quelques années en clinique vétérinaire. C'était bien, mais c'est pas ce que je voulais faire toute ma vie. J'ai fini par tomber à mon compte comme femme de ménage. C'est là que tout a commencé.
Quand tu entres dans les maisons des gens à longueur de journée, tu développes un nez. Tu remarques des choses que les gens ne remarquent plus eux-mêmes. Ce que j'ai remarqué très rapidement, c'est que les maisons avec des chiens ont une odeur. Pas une odeur terrible. Juste une odeur qui s'est installée dans les tissus, dans les sofas, dans les rideaux, dans le linge. Le propriétaire lui, il ne la sent plus du tout. Je rentrais chez un client avec deux labradors et je le savais dans les dix premières secondes. Eux, non.
Je repartais de chez ces gens là en me demandant : est-ce que chez moi ça sent comme ça ? Est-ce que le monde entre chez nous et il sent ça sans rien dire par politesse ? Je ne pouvais plus sentir ma propre maison. C'est ça le vrai problème quand tu deviens aveugle de ton propre nez. Tu ne sais jamais jusqu'où t'es rendue. Cette pensée là m'a obsédée pendant un bon moment. C'est là que j'ai commencé à tester des recettes.
C'est mon chum qui a fini par confirmer ce que je craignais, au début des années 2010. Pas méchamment. Juste en passant. Il a dit que les draps avaient une odeur de chien même après le lavage. J'aurais pu être offusquée, mais honnêtement j'étais surtout soulagée d'avoir une réponse. J'ai ouvert un cahier de notes ce soir-là.
La formule
De mon passage en clinique vétérinaire, j'avais retenu une chose : les enzymes. On en parlait pour les soins, pour les désinfectants, pour expliquer pourquoi certains produits fonctionnent et d'autres ne font que masquer. Les enzymes protéases décomposent les composés à base de protéines. Le squame de chien, la salive, les huiles du pelage après une marche sous la pluie, c'est tout de la protéine. Le détergent ordinaire ne fait que nettoyer autour du problème. Moi je voulais le dissoudre.
J'ai passé pas mal de soirées en 2011 et 2012 à tester des proportions dans ma propre laveuse. Certains batchs ne faisaient rien du tout. Un a laissé un dépôt sur un chandail que j'aimais bien. Pardon au chandail. Mais tranquillement les ratios se sont précisés. Il y a eu un soir, je m'en souviens encore, où j'ai ouvert la laveuse et il n'y avait rien. Pas d'odeur de chien, pas d'odeur de savon, pas de parfum artificiel qui essaie de couvrir quelque chose. Juste du linge propre qui ne sentait rien du tout. Si vous avez des animaux, vous savez que c'est exactement ce que ça devrait sentir.
Une douzaine d'années à en donner
J'ai commencé à en faire pour ma famille, mes amis, mes voisins. Et rapidement, pour mes clients. Quand je voyais une maison avec des chiens et du linge qui ne sentait pas bon, je laissais un pot. Tout le monde revenait m'en redemander, et moi je continuais à en fabriquer dans mon sous-sol.
L'idée de vendre, je n'y avais pas vraiment pensé. Je travaille à mon compte, les journées sont longues. Me lancer en plus dans une business, ça ne me semblait pas nécessairement pour moi.
Pourquoi là, pourquoi maintenant
En 2025, ma voisine Diane, une femme qui parle directement et à qui je dois pas mal de bonnes décisions dans ma vie, m'a regardée remettre un pot à une autre voisine et elle m'a dit : « Fred, t'as quelque chose qui marche vraiment. Quand c'est que tu vas faire quelque chose avec ça ? »
Je n'avais pas vraiment de bonne réponse.
J'ai commencé. Pas pour devenir une grande entreprise. Pas pour lever des fonds ou avoir une stratégie de croissance à cinq ans. Juste pour que le monde qui en a besoin puisse en avoir sans passer par moi en personne avec un pot Mason. La recette n'a pas changé d'un iota. Je fais encore de l'entretien ménager, je prépare les tablettes le soir et les fins de semaine, et mes chiens ont encore besoin de linge propre. En tout cas.
Pourquoi je fais ça moi-même
Des fois le monde me demande si je vais grossir ça, embaucher, agrandir. Honnêtement je ne sais pas encore. Ce que je sais, c'est que la recette, je la connais. Je l'ai testée pendant plus de dix ans dans mes propres machines. Chaque tablette part de la même formule que j'ai écrite dans un cahier dans ma cuisine de Laval en 2011.
Je m'appelle Frederique. Tout le monde m'appelle Fred. C'est ma recette. C'est mon nom su'l pot. Ça me semble correct de même.
La formule, on y touche pas
Chaque tablette est faite selon la même spécification que la formule originale de 2011. Pas de substitution bon marché, pas de reformulation pour couper les coûts.
Honnête sur ce que ça fait
Fizzi Fred élimine les odeurs d'animaux à la source moléculaire et nettoie la machine en même temps. Rien d'autre. On n'exagère pas.
Sans danger pour les animaux qu'on aime
Chaque ingrédient a été choisi en pensant aux chiens de Fred. Rien qui pourrait leur nuire, à leur peau, ou à la literie sur laquelle ils dorment.